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Au Lac St-Jean, «le monde est fin»


Hier, nous avons présentés, Claude Bérubé et moi, une série de courts métrages à Roberval, au Jardin des Ursulines. C’est maintenant une tradition. Avant la présentation, France, la cousine de Claude, nous cuisine un délicieux bouilli de légumes d’une fraîcheur totale, avec de la tarte au bleuet. J’en ai pris deux grosses assiettes. En se rendant au Lac, on se disait à quel point une bonne partie des projets de la compagnie se font dans ce coin. On y est naturellement à l’aise. Les grands-parents de Claude étaient de Chambord, ma grand-mère maternelle a des racines à Dolbeau. Mais, ce n’est pas qu’en raison de la parenté qu’on aime y travailler.

«Le monde est fin», dit Claude. Et je suis bien d’accord.C’est agréable tourner au Lac St-Jean. Jusqu’à maintenant, je rencontre souvent des gens avec qui je m’entends bien, sans forcer. On met des projets sur les rails, on arrive à s’entendre sans élever la voix, on s’aide, on s’entraide, on s’accommode, on se confie, se raconte…

Donc, une soirée de cinéma à Roberval, capitale mondiale de la nage en eau libre. On a proposé notre production récente (surtout des documentaires) et certains films faits par des amis. Les gens ont bien réagi, applaudit, posé des questions, commenté. Claude dit que ça fait 7 ans que l’on fait ça. Moi j’ai l’impression que ça ne fait que 3-4 ans. Mais je me fie plus sur Claude que sur moi en matière de mémoire. Ça doit être pour combler ma mémoire défaillante que je m’acharne à archiver le présent.

Dans les films présentés, il y avait La Reine du sébaste et son Royaume, mon court métrage documentaire qui est en train d’avoir une belle vie. Il a été choisi au festival Off-Courts de Trouville-sur-Mer. C’est tout un honneur. Si bien que je traverserai l’océan et passerai deux semaines en septembre là-bas. Y’a pas à dire, ça me stimule grandement alors que je consacrerai dès la mi-août tout mon temps à ma compagnie de production vidéo. Stephen Harper ne veut plus que je travaille à Radio-Canada. Mais, on dirait qu’après le choc d’apprendre que je perdais un bel emploi stable et bien payé, je suis en ce moment d’une totale zénitude. J’ai l’impression qu’il y a plus de documentaires à tourner que je suis capable d’en faire. Partout autour de moi, je vois des histoires, grandes ou petites, qui ne sont pas racontées. Et je veux m’employer à les faire sortir de l’ombre.

Au cours des prochaines semaines, je tournerai dans des champs, dans le bois et à New-York. Naturellement, je publierai des photos sur ce blogue. Comme je devrais avoir plus de temps, je tenterai d’alimenter cette page régulièrement et de remanier quelque peu ce site web.


 

 

Bonjour à tous,

je commence à alimenter périodiquement ma page d’articles sur les activités de ma compagnie. Je ne sais pas si j’aurai le temps – et l’intérêt – de maintenir une fréquence de publication intéressante, mais on verra bien.

Samedi prochain, le premier mars, je serai sur les glaces du Lac St-Jean en plein tournage, avec Ken Allaire. Ce sera la première fois que l’on travaillera ensemble (une fois il m’a loué sa perche mais ça ne compte pas comme travailler ensemble) après en avoir parlé à quelques occasions. Bien content. Cette année, après deux ans de tournage avec à peu près la même équipe, l’ATR m’a demandé de changer de réalisateur à chaque capsule, histoire de montrer plusieurs talents du coin, de profiter en quelque sorte de l’effervescence en termes de cinéma/vidéo au Saguenay-Lac-St-Jean. Il y a effectivement plusieurs réalisateurs-ices de talent ici et c’est certain que Regard y est pour quelque chose. Le goût de capter des images vient souvent en voyant des films de partout. En tout cas, moi ça m’a pris là, un soir d’ouverture du festival, à Jonquière, en 2008, dans cette salle autant fatiguée qu’agréable à fréquenter. Mais ça, c’est une autre histoire, que je finirai bien par vous raconter.

Donc, on sera sur le lac, Ken et moi. On devait tourner la capsule à Chicoutimi d’abord, pour montrer une partie des installations que la ville offre pour les amateurs de vélo hivernal. On vit vraiment dans un petit paradis quand on s’y attarde. Un centre de vélo de montagne en plein ville, le Panoramique (le Pano pour les intimes), c’est un privilège sans doute très rare dans le monde. En 7-8 minutes de voiture, je suis déjà rendu dans le bois, et il y a des dizaines de kilomètres de sentiers, de difficulté assez agréable. J’ai redécouvert ce sport en juillet dernier. J’ai bien essayé en 2012, mais à mes premiers 100 mètres, je suis lourdement tombé sur ma poignée droite, et je m’en suis sorti avec un bleu gros comme une grosse mangue. Pas beau à voir. J’ai un ami médecin, il m’a prescrit des calmants et ça a passé. Mais, depuis juillet dernier, je roule sans cesse. Si bien que je me suis même procuré un vélo aux roues plus larges, conçu pour rouler plus aisément l’hiver, un fatbike. Je ne connais pas encore de nom français pour ce type de vélo. Gros vélo? Ça ouvre la porte à trop de jokes plates. Vélo d’hiver? C’est déjà utilisé par les vélos aux roues normales qui roulent l’hiver. Vélo surdimensionné? On dirait une maladie. Il faudra y réfléchir, mais pour l’instant, ce n’est pas très grave.

L’avantage du fatbike, c’est qu’il peut affronter une plus grande variété de conditions. Un vélo régulier et un peu de neige, ce n’est pas tellement compatible. Un fatbike est capable de prendre un peu de neige. Pas une bordée, mais une petite averse et on roule quand même. Il faut que les chemins soient relativement fermes, soit par le passage de randonneurs, le froid, ou les motoneigistes. En ce qui concerne les motoneiges, c’est un allié irrégulier. Parfois, quand il fait assez froid, la trace des motoneigistes est assez ferme pour que l’on passe. Ça devient par moments de véritables autoroutes. Par temps plus chaud, la neige retournée en surface devient plus une source d’enlisement qu’autre chose.

Ça nous mène à David Lecointre, un être charmant que j’ai découvert lors d’un tournage l’automne dernier, quand il accompagnait des compatriotes belges dans nos paysages. http://www.youtube.com/watch?v=7L40StF3Fbg C’est lui qui s’amuse avec la poule. Donc, un chic type qui m’invite il y a deux-trois semaines à traverser le Lac St-Jean à vélo, après avoir vu sur facebook une photo prise dans le bois, avec mon fatbike et ma belle Malice. Il faudra bien vous parler de cette fameuse Malice un de ces jours.

Malice

Devant une telle idée géniale, on a retourné le plan de match de bord, changé notre terrain de jeu pour parler du même sujet. On aura bien l’occasion de parler du Panoramique un autre jour. En plus, on aura les deux types de vélos capables de rouler l’hiver – et même un unicycle! – et en prime, un événement qui a un potentiel historique, dans un décor unique. C’est la première édition. Un beau clin d’oeil aux nageurs qui affrontent le lac à l’état liquide. Dans mes projets de films qui implique un regard historique, je recherche souvent la source des événements, à remonter le fil. J’ai la chance cette fois-ci d’assister à la première édition. Je le vois comme tout un privilège. Moi je roule, je donne un coup de main à Ken, qui s’occupe des images et des entrevues. Je lui donnerai un coup de main, mais je suis surtout un participant à la traversée. Peut-être que l’événement ne durera qu’une ou deux années, mais peut-être aussi qu’on en parlera encore en 2038. Au pire, on passera une superbe journée je crois bien, avec un encadrement en cas de pépins. La vidéo sera montée par la suite, présentée sur le web au cours du mois de mars. À suivre!

Les derniers détails sur la page facebook de l’événement

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